La France compte aujourd’hui environ 35 000 communes. En quinze ans, environ 1 800 communes ont disparu au profit de communes nouvelles issues de fusions encouragées par les réformes territoriales successives.
Cette évolution interroge la vitalité démocratique locale, alors même que les communes restent le cœur de la démocratie de proximité.
Au 1er janvier 2010, la France comptait encore près de 36 700 communes, puis 36 658 en 2015, 35 498 en 2017, pour atteindre 34 874 début 2025.
La loi de 2010 sur la réforme des collectivités territoriales amorce une rationalisation de la carte locale, en particulier des intercommunalités.
La loi MAPTAM de 2014 consacre le rôle des métropoles.
La loi NOTRe de 2015 marque un tournant avec la fusion des régions (de 22 à 13) et un puissant encouragement aux communes nouvelles.
L’objectif affiché est de simplifier le « millefeuille territorial », réduire les coûts et renforcer l’efficacité administrative.
Les dernières élections municipales ont mis en lumière une crise profonde du modèle communal.
Plusieurs dizaines de communes n’ont pas réussi à constituer de liste complète, certaines étant finalement administrées par une délégation spéciale sous l’autorité de la préfecture.
La parité obligatoire sur les listes poursuit un objectif d’égalité indispensable, mais complique la constitution d’équipes complètes dans les petites communes où les volontaires manquent déjà. À cela s’ajoutent la complexité des normes, la charge administrative croissante et la responsabilité juridique des élus, qui découragent de nombreux citoyens de s’engager. Le risque est de transformer la fonction municipale en parcours d’obstacle réservé à quelques-uns.
Réduire encore le nombre de communes ne résoudra pas cette crise démocratique et contribuerait à éloigner davantage les citoyens des lieux de décision.
L’enjeu est au contraire de soutenir les élus locaux, de simplifier leur engagement et de redonner envie de servir la collectivité par des règles plus souples adaptées aux réalités locales.
Nos communes ne sont pas des vestiges administratifs : ce sont des espaces vivants où se tissent les liens humains et où se construit la citoyenneté au quotidien.
Sauver nos communes, c’est d’abord valoriser l’engagement des élus, moralement et matériellement.
C’est aussi adapter l’ingénierie, les normes et les dispositifs de soutien aux spécificités des territoires plutôt que leur imposer une uniformisation descendante. Car derrière chaque mairie, il y a une communauté, une histoire singulière et une volonté de vivre ensemble qu’aucune carte administrative rationalisée ne remplacera.